Projet d’appui Projet d’appui à la conservation et à la gestion participative du Massif de Tchabal Mbabo (COGESPA)

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Contexte et Justification du projet

Le massif de/la zone de TCHABAL MBABO est situé dans la région de l’Adamaoua, Départements du Faro et Déo et Mayo Banyo. La zone couvre une superficie de 105251 hectares et est la continuité du parc national de Gashaka-Gumti situé au Nigeria. Le paysage végétal très diversifié obéit à la topographie du milieu physique.

Les études effectuées par Chapman en 2004 indiquent que 14 types de végétation se succèdent à partir de 500m jusqu’à plus de 2000m d’altitude. La végétation principale est constituée des galeries forestières, des savanes herbeuses, des forêts sèches d’altitude et des savanes boisées. Plusieurs espèces présentes dans ces formations végétales sont sur la liste rouge de l’UICN. Les animaux sauvages sont abondants dans les montagnes pendant la saison de pluies à la faveur d’inondation des plaines et la disponibilité du fourrage. Les montagnes de Tchabal Mbabo possèdent 24 espèces d’oiseaux endémiques sur les 44 qui sont présentes sur les hautes terres du Cameroun.

TCHABAL MBABO fournit de nombreux services écosystémiques aux communautés riveraines. Notamment la régulation du climat, la collecte de miel, l’approvisionnement en eau, en viande de brousse et poissons, en bois de construction et de cuisson, le pâturage pour le bétail, les plantes médicinales, etc. La coupe abusive d’arbres, l’exploitation non durable de Prunus, l’exploitation non durable des pâturages, l’agriculture les feux de brousse et le braconnage constituent les principales menaces qui pèsent sur Tchabal Mbabo. L’élevage intensif, le braconnage, l’agriculture et l’exploitation anarchique de Prunus africana sont les menaces majeures qui pèsent sur les ressources forestières et fauniques de cette aire non classée. La collecte de l’écorce de cette espèce contribue à réduire considérablement les forêts galeries. Les permis d’exploitation du Prunus africana ont été suspendus en 2015 par le Ministre des Forêts et de la Faune. Avant la suspension, deux permis étaient attribués pour l’exploitation la zone de Tchabal Mbabo. La suspension des permis était dû au fait que le MINFOF ne maitrisait pas le potentiel d’exploitation de cette ressource.

L’exploitation des pâturages constitue une menace pour la biodiversité en ce sens que plusieurs couloirs de transhumance sont créés dans Tchabal Mbabo favorisant ainsi l’accès aux braconniers et aux exploitants illégaux de produits forestiers ligneux et non ligneux. Par ailleurs, les feux de brousse mis chaque année par les éleveurs pour faciliter la repousse d’herbes contribuent de manière significative à la destruction des forêts galeries, au développement des espèces envahissantes et l’érosion des sols. Face aux menaces qui pèsent sur la biodiversité de Tchabal Mbabo, le Gouvernement du Cameroun a entrepris des démarches pour le classement de cette aire en Parc National. C’est ainsi qu’un appel public au classement de Tchabal Mbabo avait été lancé dans l’arrondissement de Banyo en 2008 pour recueillir les avis des parties prenantes.  Malheureusement, le processus de classement n’a pas abouti. L’opposition à la création du parc, l’insuffisance de données factuelles sur la biodiversité, l’insuffisance des agents des eaux et forêts, la faible collaboration entre les administrations locales et les mairies d’une part, les communautés locales et les services des eaux et forêts d’autre part ne favorisent pas une gestion durable des ressources naturelles. Les données les plus récentes sur le potentiel de biodiversité, les menaces et opportunités du parc datent de 2004. L’obsolescence de ces données ne permet pas d’entreprendre des actions d’aménagement réalistes. La faible collaboration entre les administrations locales en charge de l’élevage, des eaux et forêts, la mairie et les éleveurs de bétails ne facilite pas la gestion des pâturages. En effet, l’administration locale en charges de l’élevage encadre les éleveurs et collecte les taxes auprès de ceux-ci sans se préoccupés des impacts négatifs de l’élevage sur la faune et la flore de Tchabal Mbabo.Si des actions concertées de gestion ne sont pas mise en œuvre, les conflits entre les éleveurs de bétail et l’administration des forêts et la faune sur l’utilisation sur l’utilisation des zones de pâturage s’accentueront, la destruction des forêts galeries et le braconnage seront accrus, le Prunus africana passera de statut de « vulnérable » à statut « en danger », l’abondance et la richesse faunistique diminueront fortement. La mise en œuvre de ce projet contribuera à réduire la pression sur la biodiversité sur le massif forestier de Tchabal Mbabo à travers la promotion d’une gestion concertée et des activités de subsistances et économiques durables.

Objectifs du projet:

  1. Améliorer le niveau des connaissances des acteurs locaux et nationaux sur la biodiversité, les menaces et les opportunités du massif de Tchabal Mbabo 
  2. Faciliter de manière participative le processus de classement de Tchabal Mbabo en aire protégée.
  3. Renforcer les capacités des communautés riveraines sur l’exploitation durable P. africana

Bénéficiaires:

  • Lamidat de Banyo et les communautés riveraines du massif forestier de Tchabal Mbabo
  • Etat du Cameroun (MINFOF, MINEPDED, MINEPIA, MINADT, MINADER)
  • CTD

Zone d’intervention: Cameroun, Région de l’Adamaoua, Massif de Tchabal Mbabo

Date de démarrage du projet: Février 2020

Durée de mise en oeuvre: 19 mois

Partenaire de mise en oeuvre: TRAFFIC

Financé par: Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF)

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