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Femmes minières au cœur du développement local : la coopérative minière de Gbanam appuyée par le ProMESS 2 en plein essor

Dans la région de l’Adamaoua-Cameroun, 03 coopératives minières sont en plein essor. Il
s’agit de la Société Coopérative Simplifiée des exploitants miniers de KOMBO-LAKA (SCOPS-
AMIK de KOMBO LAKA) ; la Société Coopérative Simplifiée des exploitants miniers de
FELL (SCOPS-AMIF de FELL) et la Société Coopérative Simplifiée des exploitants miniers de
GBANAM (SCOOPS AMIG de GBANAM).
Parmi ces 03 groupes, la SCOPS AMIG de GBANAM est constituée majoritairement de
femmes (85%) et se démarque par un dynamisme exceptionnel. Leurs activités sont
principalement centrées sur le développement local et l’épanouissement des membres du
groupe.
Situé dans l’arrondissement de Meiganga à la frontière avec la République Centrafricaine,
SCOPS AMIG DE GBANAM communément appelée « femmes dynamiques de Gbanam » est
constituée de 34 membres dont 29 femmes et 05 hommes de nationalités centrafricaine et
camerounaise. Les membres du groupe sont d’obédience musulmane et chrétienne. Parmi
ces femmes, 05 sont de nationalité centrafricaine et tous appartiennent à l’ethnie Gbaya 1 .


Activités de la SCOOPS AMIG de GBANAM

Les activités de cette coopérative s’organisent principalement autour de l’exploitation
minière artisanale suivi de l’agriculture, l’épargne, les prêts et les initiatives communautaires
et sociales etc.
Les femmes dynamiques de Gbanam ont créé un compte bancaire logé à la micro finance
“Crédit du Sahel” où, elles épargnent régulièrement leurs revenus issus de l’exploitation
minière artisanale ; pour pouvoir investir et faire des réalisations sociales (écoles,
équipement des maisons etc.), des prêts à faible taux d’intérêts aux membres pendant les
périodes mortes de l’exploitation minière pour le financement de leurs activités.
Pour appuyer la coopérative à la réduction de sa forte dépendance à l’activité minière, à
travers son Projet Mines-Environnement, Santé et Société, Phase 2 (ProMESS 2),
l’organisation Forêts et Développement Rural (FODER) a formé les membres aux techniques
de multiplication des plans de bananier-plantains et des boutures améliorées de manioc ;
tout en leurs fournissant des semences. La réplication avec brio des connaissances acquises
et la mise en place rapide des champs florissants a attiré l’attention de la chaîne de
1 Groupe linguistique très répandu à l’Est Cameroun et en RCA télévision Africa News qui a produit un reportage intitulé « Promoting subsistence farming to reduce high dependency of women artisan miners in Cameroon” : https://www.youtube.com/watch?v=l
wASJ1evshk.

Les actions de cette coopérative sont assez visibles sur le plan social à travers les multiples
dons (fourniture du paquet minimum/matériel didactique dans les écoles primaires) ;
l’utilisation des revenus générés pour l’achat des tôles nécessaires aux travaux de finitions
de l’école qui y existait déjà afin de permettre à leurs enfants d’aller à l’école. Depuis plus de
deux ans, grâce aux activités de sensibilisation du ProMESS 2 sur l’importance de
l’éducation, ces femmes inscrivent de plus en plus leurs enfants à l’école et donnent des
cadeaux (ardoises, cahiers, paie de l’inscription) aux meilleurs élèves de la localité


Les effets du travail de la SCOPS AMIG de GBANAM

L’impact des activités de ces femmes sur le développement de la localité reste perceptible
sur plusieurs aspects notamment : (a) l’amélioration des conditions d’habitation de la
population  ( Construction des maisons en tôle en remplacement de la quasi-totalité des
maisons autrefois construites en paille) ; (b) l’amélioration des contions d’études des élèves
(c) La création de liens de solidarité (regroupement) au sein de la population locales ; (d) la
construction de la culture de l’épargne au sein de la communauté ; la diversification de
moyens de subsistance (fruits des récoltes pour nourrir les familles) et des activités
génératrices de revenus.
Comme effet domino, à l’image de la « SCOOPS AMIG DE GBANAM ou Femmes dynamiques
de Gbanam, la « Société coopérative simplifié des exploitants miniers de FELL : SCCOPS-AMIF
DE FELL » s’est engagé dans les travaux de construction de l’école de FELL. En appui à ce
projet, ce groupe a reçu 40 table-bancs de l’organisation FODER avec le soutien financier de
l’Union Européenne.
Leur dynamisme se reflète à travers :
 Une plantation de 3 ha de manioc ;
 Un hectare de banane plantain en plein croissance ;
 L’achat de nombreux équipements ménagers tels que : les classeurs, les fauteuils, les
assiettes et autres équipements dont les fonds sont issus de leur épargne ;
 La réduction de la famine dans le village.

Dans la dynamique d’impulser un réel développement communautaire, FODER continue à
former et structurer ce groupe en coopérative formelle et modèle dans l’exploitation
minière artisanale. C’est ainsi que, des appuis dans le domaine l’apiculture sont en cours de
planification pour renforcer le niveau entrepreneurial de ces femmes évoluant dans le
secteur de la mine artisanale.
Toutefois de nombreux challenges et perspectives restent à envisager ; notamment :
 L’obtention des Autorisations formelles d’Exploitation Artisanale (AEA) dont les coûts
restent très élevés (550 000 FCFA pour un 1Ha) 2 pour ces derniers actuellement ;
 L’adoption de bonnes pratiques lors de l’exploitation minière tels que le port des
Equipements de Protection Individuelle (EPI) et le retrait des enfants dans les sites
miniers ;
 La canalisation des produits issus de l’exploitation minière artisanale dans les circuits
commerciaux formels de l’or ;
L’accroissement de la valorisation des activités agricoles telle que la culture du manioc et de
la banane plantain dans d’autres localités voisines (Zouzami ; Wakasso, Batoua-Godolé,
Baguete-lawan) dans le département du Mbéré ;
 La facilitation de l’accès aux circuits de commercialisation des produits issus des
activités agricoles dans le grand-Nord en général.

2 Actuellement sur le terrain, le coût d’acquisition d’une AEA est de 50 FCFA /m2/an ; soit 500 000 pour 1Ha et
50 000 pour les droits fixes ; faisant un montant global de 550 000 FCFA. Pourtant le code minier en vigueur
2016 (Article 173.) stipule que l’obtention d‘une AEA est soumise à une redevance superficiaire de 10
FCFA/m2/an soit 100 000/Ha et les droits fixes de 50 000 FCFA faisant un montant global de 150 000 FCFA.

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