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Djouyaya est une communauté située dans l’arrondissement de Mindourou, Département du Haut-Nyong, Région de l’Est Cameroun. Cette communauté mixte constituée des ethnies Bantou et des peuples autochtones Baka est riveraine de l’UFA 10045 attribuée à la société forestière FIPCAM. Lors de la phase pilote du projet RTM qui s’est déroulée entre mars 2016 et Mars 2018, cette communauté avait relevé comme principale difficulté, un faible respect des Obligations Sociales Externe (OSE) de la société.

Elle a de ce fait bénéficié d’un appui lors de la phase pilote du projet « suivi communautaire des forêts en temps réel » (RTM1). Cet appui se poursuit avec la deuxième phase[1] du projet afin d’accompagner la communauté au plaidoyer communautaire dans le cadre du projet, mise en œuvre par FODER en partenariat avec l’ONG britannique Rainforest Fondation UK (RFUK) depuis mars 2016.

L’accompagnement au plaidoyer communautaire a ainsi permis à la communauté d’obtenir en 2017, le procès-verbal de la réunion d’information publique (PVRI) au cours de laquelle, la société avait pris des engagements relatifs à la réalisation des certaines OSE dans le village. Etaient contenus en guise d’engagements dans le PVRI, la fourniture des tôles pour la finition de la case de santé, le recrutement des jeunes des villages du CPF N°02 Dja Sud, le terrassement des aires de jeux, etc. Ce document habituellement secret des exploitants forestiers et de l’administration forestière locale a permis à la communauté de suivre les engagements à travers des actions pacifiques de plaidoyer communautaire. La société FIPCAM étant en cours de certification FSC, une case de santé a été construite pour le village Djouyaya. A travers ce don, la société est ainsi allée au-delà de ses engagements contenus dans le PVRI du 20 janvier 2015 qui ne prévoyait que la fourniture des tôles pour la finition de la case de santé communautaire et non sa construction[2]. Autre fois, les membres de la communauté devaient parcourir 34 Km pour se rendre à l’hôpital de district d’Abong-Mbang et 29 km pour se rendre au centre de santé intégré de Mindourou, afin d’avoir accès aux soins de santé de base. Désormais, grâce aux actions de plaidoyer communautaire et à la responsabilité sociétale de la FIPCAM, ce calvaire des populations sera très vite oublié. La société a poursuivi son action sociale en date du 24 mai 2018 en remettant à la communauté des matériels[3] pour l’équipement de leur case de santé. FIPCAM a à cet effet adressée une note[4] avec pour objet : remise du matériel et inauguration de la case de santé communautaire de Djouyaya, au président du Comité-Paysan-Forêt (CPF) de L’UFA 10045 sous couvert sa majesté le Chef du village Djouyaya.

Cependant, la communauté de Djouyaya estime être intimidée par certaines autorités[5] locales de Mindourou qui retiennent depuis le 25 mai 2018usqu’en Janvier 2019, le matériel remis par FIPCAM à la communauté. Lors d’un entretien tenu le 15 janvier 2019 à Mindourou par FODER, une autorité de la localité justifie la rétention de ces matériels en ces termes : « la rétention provisoire du matériel a été adoptée car nous avons estimé que la communauté n’était pas prête à réceptionner un tel matériel. D’autre part, les procédures administratives de recrutement et payement du personnel communal à affecter à cette case de santé n’étant pas encore défini. Il était donc important de retenir le matériel afin de clarifier ces aspects. Ce matériel a été inventorié et est actuellement sous scellées au niveau de la Mairie de Mindourou… ». Pour au moins deux autorités de cette localité, les populations de Djouyaya ne disposent pas de compétences nécessaires pour gérer un tel matériel et de même la case de santé offerte par FIPCAM. Par contre, selon les déclarations des populations de Djouyaya, au sein de la communauté, on retrouve des trois (03) personnels de santé qualifiés. Il s’agit de M. MOUAMETSES MBAM André, Infirmier Major à l’hôpital général de Bertoua en retraite, NTOLOCK Blaise, infirmier Généraliste, MELAMBI Bienvenu Infirmier Diplômé d’Etat, accoucheur.  Ces derniers sont disposés à rendre service à leur communauté en s’occupant de la gestion du matériel et de la case de santé.

En outre, la communauté est également confrontée au manque de médicaments qui ne favorise pas le fonctionnement effectif de la case de santé. A cet effet, les populations sollicitent une fois de plus, l’appui des alliés afin de rentrer d’une part en possession du matériel retenu par les autorités locales d’autre part, recruter les personnels de santé compétents résidents au sein de la communauté et approvisionner la case de santé en médicaments enfin de voir ce joyau architectural opérationnel et redonner la santé et le sourire aux populations locales. Depuis plus d’un an que la case de santé a été construite, elle est restée non fonctionnelle. Avec le temps, cette case de santé qui devrait faire le bonheur des bénéficiaires risquerait, si rien n’est fait, d’être envahie par les herbes et constituer l’aire de repos des animaux en divagation. En plus, il y va également de l’image de la société forestière FIPCAM qui s’est engagée dans le processus de certification et dont le non fonctionnement de la case de santé pourrait être perçu comme un frein administratif à cet élan.

L’action de la société FIPCAM en matière de réalisation des OSE en faveur des communautés riveraines est à encourager et devrait servir d’exemple à d’autres entreprises forestières. Aussi, l’engagement et la détermination des communautés de Djouyaya dans le suivi de la réalisation des engagements sociaux à travers la saisine des autorités locales, les rencontres des responsables des sociétés forestières, la participation aux réunions de négociation des OSE, reste un exemple à dupliquer par d’autres communautés riveraines de titres forestiers en activité afin que, l’exploitation forestière contribue effectivement et surtout durablement au développement local.

Auteur : Guy Sam BELOUNE ; FA RTM 2/FODER.

Edition : Janvier 2019

Ce document est publié dans le cadre de la mise en œuvre du projet « Intégrer le suivi communautaire en temps réel pour soutenir les moyens de subsistance et les forêts en Afrique Centrale et de l’Ouest »

 

[1] projet « Intégrer le suivi communautaire en temps réel pour soutenir les moyens de subsistance et les forêts en Afrique Centrale et de l’Ouest »

[2] Afin de l’adapter aux standards des cases de santé offert par la FIPCAM, la case de santé initialement construite par le CPF N°02 a été détruite et reconstruite suivant les dits standards.

[3] 01 lit d’hospitalisation équipé d’une potence, 01 microscope binoculaire, 01 pèse personnes mécanique, 01 tensiomètre mécanique, 01 glucomètre, 01 Stéthoscope, 02 thermomètres électroniques, 01 boite de petite chirurgie, 01 grand plateau rectangulaire, 01 table, 03 chaises.

[4] Ref : AGA/DRF/ZJ/164/18

[5] Sous-Préfet de l’arrondissement du Dja et Maire de la Commune de Mindourou.