Les écoles parentales pour réduire la présence des enfants dans les chantiers miniers

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Ces écoles ont été mises sur pied grâce à une collaboration fructueuse entre les comités de veille citoyen (CVC), les autorités traditionnelles et administratives facilitée par FODER à Bidinba et Ngoe-Ngoe

Devenue florissante dans les arrondissements de Garoua-Boulai et Ngoura, l’exploitation minière attire de nombreux enfants en âge scolaire dans les chantiers miniers entrainant les décrochages scolaires et l’absentéisme dans les salles de classe. Dans le chantier minier de Yassa, l’un des sites en activité, devenu un grand quartier du village Bindinba, situé dans la région de l’Adamaoua, l’on compte près de 1000[1] enfants en âge de scolarisation en activité. Ces orpailleurs en âge scolaire s’exposent à l’alcoolisme, la consommation de la drogue et aux infections dues au mercure utilisé pour l’exploitation artisanale de l’or. Des élèves rencontrés dans les sites miniers, l’on a remarqué une forte présence de jeunes filles, ayant déserté les maisons et les écoles au profit de l’exploitation artisanale de l’or à Yassa (site de plus de 500 habitants disposant de nombreux enfants de ­06 ans à plus de 20 ans actifs dans les trous d’or).

 Dans l’optique d’adresser cette problématique, l’association Forêts et Développement Rural (FODER), dans le cadre de la deuxième phase du Projet-Mines, Environnement, Santé et Société (ProMESS 2), a entrepris des actions de structuration des communautés en Comités de Veille Citoyens (CVC) pour tenter par la sensibilisation d’éveiller les consciences pour un avenir meilleur de ces enfants et jeunes orpailleurs. Diverses actions d’engagement, détermination et surtout de mutualisation des efforts des CVC et facilitateurs de FODER ont influencé la création des écoles parentales pour réduire la présence des enfants dans les chantiers miniers.

Une sensibilisation permanente des parents d’élèves

Ainsi, après plusieurs campagnes de sensibilisation animées par l’équipe du ProMESS ; les leaders communautaires et membres des CVC ont multiplié des réunions et séances d’information à Bidinba. Des vidéogrammes, et messages en langues locales, ont été diffusés au cours des séances de causeries éducatives avec les parents des élèves. Ces vidéogrammes portaient sur le bien-fondé et la nécessité d’envoyer les enfants en âge scolaire à l’école dans la localité.

 Suffisamment édifiés par les facilitateurs-animateurs de ProMESS et les membres des CVC sur les risques et dangers de la présence des enfants en âge scolaire dans les sites miniers (avenir incertain, infections liées à la manipulation sans protection adéquate du mercure, accidents mortels, alcoolisme, consommation de la drogue, grossesses précoces, MST, etc.), les leaders des CVC et les chefs traditionnels ont rencontré des autorités administratives pour la création de l’école de parents à YASSA. Cette école constituée d’un centre préscolaire communautaire (école maternelle) etd’un centre d’éducation de base non formel (école primaire) opère actuellement dans quelques domiciles privés. Ellea été formellement mise en place par les autorités administratives (Sous-préfet et l’inspecteur d’arrondissement de l’éducation de base de Garoua-BoulaÏ)le 11 Janvier 2020.

Cette école placée sous le contrôle de M. BELLO Mbelé Abessolo Floribert, enseignant vacataire compte 115 élèves dont 65 élèves à la SIL (23 filles et 42 garçons) et 50 élèves au cours préparatoire (CP) dont 14 filles et 36 garçons.

Un site pour la construction des bâtiments et salles de classe a été choisi au sein de la communauté ; la construction débutera en début de la saison sèche avec le soutien de M.  BAWE ayant déjà promis les tôles et les planches.

La distance séparant le village Ngoe-Ngoe de l’école publique de Rigué située à environ 5km où tous les enfants y compris les tout-petits s’y rendaient pour prendre les cours constituait un facteur amplificateur du désintéressement de l’école d’où la présence massive des élèves dans les chantiers miniers. Avec la même ardeur observée à Bidinba, l’implication des CVC et des parents d’élèves déjà conscients de la nécessité de réduire la présence des enfants dans les sites miniers a favorisé le processus de création de l’école de Ngoe-Ngoe. L’encouragement des élèves à aller à l’école ; « Face à ces problèmes, nous avons décidé de créer une école des parents à Ngoe-Ngoe avec la participation de tout le village » affirmait M. OUMAROU SANDA ; le président du comité de veille. Les sensibilisations régulières sur l’importance, le bien-fondé de l’école et la difficile cohabitation entre l’exploitation minière de l’or et la scolarisation ont abouti à la création du Centre d’éducation de base non formel (école primaire) de Ngoe-Ngoe (Ngoura) en Novembre 2019. Les écoles étant créées, le défi à relever est celui de maintenir et stabiliser les effectifs d’élèves dans les établissements. En vue de pérenniser la présence des enfants dans les salles de classes, le projet entend maintenir et accentuer les sensibilisations afin que l’instruction dans les zones minières soit également un atout pour l’élite future de ces localités.

Par Rodrigue NODEM, Responsable SIG à Forêts et Developpement Rural (FODER)

Ce travail est réalisé dans le cadre de la phase 2 du Projet Mines-Environnement-Santé et Société (ProMESS2), ce projet est mené avec l’appui financier de l’Union Européenne, mais le contenu de cet article ne reflète que l’opinion de l’association Forêts et Developpement Rural (FODER)


[1] Source : Comité de Veille Citoyen de Bidinba au cours de l’ouverture d’une école parentale au village Yassa.

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