Exploitation Forestiere Illegale A Kong : Quel Impact Sur Les Moyens De Subsistance Des Populations

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L’une des infractions forestières qui impactent directement sur les moyens de subsistance des communautés riveraines est belle et bien la non matérialisation des limites du titre qui est à l’origine de l’exploitation aussi bien dans les forêts du domaine national (pouvant être érigées en forêts communautaires et gérées par les communautés pour l’amélioration des conditions de vie des populations) que dans les terres déjà mises en valeur par les populations (champs et plantations). Les exploitants véreux, une fois en dehors des limites non matérialisées de leurs titres forestiers coupent « tout, partout et n’importe comment » et ne s’intéressent plus uniquement à la ressource ligneuse mais s’intéressent de plus en plus à des PFNLs précis tels que le petit cola encore appelé « Bitter cola » au Cameroun.

En effet, avant l’exploitation forestière dans le village Kong, situé dans l’arrondissement de Ngambè-Tikar, Département du Mbam et Kim, région du Centre ce PFNL, Garcinia Kola de son nom scientifique générait beaucoup de revenus aux populations. Ainsi, certaines communautés commercialisaient par an jusqu’à 2 seaux de 15 litres à raison de 30000(trente mille francs le seau). Un seul arbre pouvant produire jusqu’à 2 à 3 seaux de 15 litres par an. Les revenus issus de la commercialisation de ce PFNL permettant à certaines familles, chaque année de subvenir aux besoins de scolarité des enfants et même de soins de santé de qualité ou d’achat de denrées alimentaires. Rappelons que le Bitter cola/petit cola a plusieurs vertus. En effet, ce PFNL constitue un digeste très efficace pour les problèmes gastriques ; son écorce est également utilisée par les communautés pour fermenter ou améliorer le goût du vin de palme ou de raphia.

De nos jours, avec l’exploitation forestière, les abatteurs, débardeurs et prospecteurs en ont fait leur business. Concernant, les prospecteurs en plus d’inventorier les essences prisées, ils prospectent également pour localiser les petits colas qui sont non pas exploités comme le font les communautés c’est-à dire cueillis sur pied, mais abattus et exploités au sol.  Les populations dénombrent aujourd’hui plus de 20 pieds de bitter kola abattus depuis que l’exploitation forestière a commencé à Kong. Ceci représente une perte énorme pour certaines populations dont la commercialisation de ce PFNL est une importante source de revenus. Plusieurs cris de contestation se sont multipliés dans la localité mais sans suite. Les populations, dépendantes ou collectant ce produit n’ont que leurs larmes pour pleurer. L’exploitation forestière illégale impacte donc sur les PFNLs que regorgent les forêts. Ces impacts sont également visibles sur les plantations des communautés de Kong ;

  • Impact de l’EFI sur les Plantations des communautés

Les pistes forestières et de débardage sont ouvertes dans les plantations des populations endommageant ainsi leurs cultures (plantains, bananes, maïs etc…). L’on relève aussi l’ignorance ou la non utilisation des techniques d’abattage directionnel, qui impactent négativement sur le peuplement résiduel et sur les cultures des communautés sans aucune indemnisation pour les pertes engendrées. On constate ainsi à Kong que plusieurs billes de bois ont été abattues et débardées dans les plantations des populations et qu’aucune compensation n’a été reversée aux victimes de ces actes. « « 

Selon les communautés rencontrées, « tous les bons bois ont déjà été coupés aux alentours du village de Kong ; tout ce que laissent les exploitants c’est le fraquet « bois banc » inapproprié pour la charpente ; les populations de Kong sont obligées de se rendre dans d’autres localités pour se procurer ce type de bois qui devient excessivement cher ».

Piste de solutions

A l’heure actuelle, il est primordial que le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) prenne toutes les dispositions nécessaires pour veiller à ce que la matérialisation des limites des titres d’exploitation forestière soit effective et que l’exploitation forestière se fasse dans les limites des titres attribués pour préserver les PFNLs, qui sont une véritable source de revenus pour les populations dépendantes des forêts.  
Quant aux communautés, elles doivent continuer à être vigilantes et dénoncer toute exploitation en dehors des limites du titre et impactant sur leurs moyens d’existence pour contribuer à la bonne gouvernance des ressources naturelles pour une amélioration significative de leurs conditions d’existence.

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