Les communautés des zones forestières outillées pour dénoncer en temps réel les cas d’exploitation forestière illégale

Ils sont 66 membres de communautés des zones forestières (Sud-Est-Centre) qui ont été formés à l’utilisation du ForestLink  pour dénoncer en temps réel les cas d’exploitation forestière illégale, très souvent observés dans les forêts de leurs communautés.

De ces membres l’on compte un total de 16 femmes et 3 Peuples Autochtones, qui ont été  impliqués dans les séances de formation. Elles ont été organisées dans le cadre du projet «Intégrer le suivi communautaire en temps réel pour maintenir les moyens de subsistance et les forêts en Afrique centrale et de l’Ouest  (RTM2)», mise en œuvre par l’association Forêts et Développement Rural au Cameroun en collaboration avec Rainforest Foundation Uk (RFUK), sous financement DFID.


Les séances de formation organisées s’inscrivent dans le cadre de la dynamique opérationnelle du projet qui repose sur la participation des communautés riveraines des titres d’exploitation forestières à la collecte en temps réel des informations sur de présumées illégalités forestières à travers des observateurs communautaires (OC), les leaders communautaires (LC), les membres des Comités Paysan Forêts (CPF), et le suivi des obligations sociales des entreprises forestières. Les personnes formées sont issues des 20 communautés  des zones forestières cibles du projet RTM 2. « J’ai vivement souhaité venir à cette formation dès que j’ai appris qu’elle pouvait m’aider à surveiller la forêt, car nous avons une forêt communautaire. Je suis fière d’être leader communautaire. Malgré la blessure que j’ai au pied, j’ai tenu à être présente. Je pense que les femmes doivent apprendre pour mieux participer. Parce que lorsqu’on parle de ce que nous ne connaissons pas, qu’allons-nous faire ou dire ? Cette formation me permet de mieux surveiller les forêts, de connaitre et de défendre nos droits en tant que communauté de forêts», Marivette OBAM, Leader communautaire de Ndjabilobe, région du Sud.

En plus de l’utilisation du forestlink pour dénoncer les exploitations illégales, les communautés ont été outillées aux techniques de plaidoyer communautaire, au suivi des activités forestières (Observation Indépendante Externe) notamment en ce qui concerne l’identification des actes  non conformes aux normes techniques et d’intervention en milieu forestier et aux normes forestières liées au respect des obligations sociales. Ces enseignements dispensés permettront sans aucun doute de garantir l’efficacité et la fiabilité du travail des observateurs (OC) et leaders communautaires (LC) dans la conduite des activités de suivi des forêts en temps réel.

Les séances de formation ont été également l’occasion de sensibiliser les communautés sur la  légalité forestière et le respect des obligations sociales à travers les actions de plaidoyer. Et, concernant le point sur le plaidoyer, les communautés devront à la suite de la mise en œuvre du projet, utiliser les connaissances acquises pour élaborer les plans de plaidoyer pour celles qui n’en disposent pas encore. Et, pour celles qui en disposent, elles utiliseront les enseignements pour  actualiser leur plan de plaidoyer. « Avant la formation sur le plaidoyer communautaire, on ne savait pas que l’entreprise en plus de la taxe d’abattage qu’elle verse au Comité Riverain devait aussi payer la Redevance Forestière Annuelle (RFA) et réaliser des œuvres sociales pour améliorer les conditions de vie des populations riveraines de leur titre d’exploitation. Maintenant on connait les obligations sociales, environnementales et fiscales de l’entreprise et maîtrisons les étapes du plaidoyer pour résoudre un problème ou changer une situation qui affecte la vie des individus dans notre village. Nous allons mettre en place un comité de suivi du plaidoyer qui va veiller au respect des Obligations sociales des entreprises et dénoncer toutes les entreprises qui ne respectent pas la loi ou les engagements sociaux pris avec la communauté. », Charles Ousmane, village Kong, région de l’Est.

A l’issue de la formation qui s’est étendue sur deux mois dans les trois régions forestières, les personnes formées ont  été équipées des kits de forestlink pour application immédiate des connaissances acquises.

Réactions

Jean Bedel NGBELENG MOMBE, éleveur- médecin- case de santé de KONG, Leader Communautaire du village KONG

« Avant la formation sur l’utilisation du forestlink on ne savait pas comment dénoncer et à qui adresser nos dénonciations. On avait aussi peur des représailles. Mais avec le Forestlink, notre sécurité est garantie, nous pouvons en un seul clic, même sans connexion internet et sans risque de représailles dénoncer tous ceux qui coupent illégalement le bois dans nos forêts. Nous allons donc grâce à cette formation mettre en place une équipe discrète de surveillants des forêts et dénoncer tous ceux qui ne respectent pas la règlementation en matière d’exploitation des forêts dans notre village. Aussi, grâce à cette formation, nous connaissons maintenant nos droits sur les ressources forestières et allons veiller au respect de nos droits par tous ceux qui exploiteront le bois dans notre village ».

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